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Symbolisme et réalité : la Lune

« Etre dans la Lune », voila bien l’expression qui m’a suivi durant toute ma primaire. Mes premiers désaccords avec les métaphores concernant la Lune. Pour moi… du haut de mon jeune âge, je n’étais pas dans la Lune mais dans mes rêves à m’imaginer un sens au mystérieux et à ses mystères. Malgré tout j’ai très vite compris : Qu’en français, nous disons LA Lune : nom féminin et LE soleil nom masculin. Que le soleil inonde le ciel de sa lumière, et que la Lune ne fait que la réfléchir, du crépuscule à l’aurore …et pas toutes les nuits. Que la Lune possède son cycle qui rappelle celui de la femme d’où une logique de mimétisme dans le symbolisme donné à la Lune et au soleil pour y reconnaître la féminité pour l’une et la masculinité pour l’autre.

Hélas, pour moi tout s’est embrouillé avec les années collège et mes premiers cours d’allemand. La Lune c’est « der Mond» LE Lune et le soleil « die Sonne» LA soleil. L’universalisme des symboles par un simple cours de langue vivant avait pris un sacré coup. Il me faudra des années pour commencer à comprendre la relation possible entre universalisme et symbole.

 

Durant mes années universitaires la Lune et son symbolisme étaient au rendez-vous : en symbologie, en sémiologie, même en esthétisme…. J’ai écrit de nombreuses notes à ce propos.

Voici un pêle-mêle lunaire:

La Lune est une figure très présente dans de nombreuses mythologies et croyances folkloriques. C’est en corrélation avec le soleil que se manifeste le symbolisme de la Lune. Leurs relations, ordonnancement, hiérarchie, différentient d’une société à une autre.

Pour certaines : elle est l’élément femelle, et passive. Elle est alors associée à des divinités féminines. Ainsi, la déesse grecque Séléné (Luna chez les Romains) a été associée à la Lune. Pour d’autres, la Lune est une divinité mâle. Le dieu japonais Tsu-ku-yo-mi, est associé à la Lune, et sa soeur A-ma-ter-a-su associée au Soleil. De même chez les Mésopotamiens, où le dieu Sin est relié à la Lune. Cette inversion est également présente dans les mythologies nordiques, scandinaves, lettones… comme chez les indiens Gé du Brésil.

De même dans tout le monde arabe, sudarabique, éthiopien. Vu de la Terre la Lune connaît la mort. Durant trois jours elle disparaît chaque mois lunaire pour réapparaître la quatrième nuit. Elle devient, en toute logique, le symbole de renaissance mais aussi des connaissances indirectes, progressives et froides.

En Asie, elle est le Ying par rapport au soleil le Yang. Elle est en rapport avec l’eau par opposé au soleil …qui lui est le feu. Elle est le froid : le nord quand le soleil est le chaud : le sud. Symbole majeur de la fécondité, elle était célébrée en Chine lors de la fête de la Lune, qui était l’une des trois grandes fêtes annuelles. Elle avait lieu à la pleine Lune de l’équinoxe d’automne et les hommes ne participaient pas à la cérémonie.

La Lune est aussi fortement présente dans le bouddhisme. Dans l’ultime chemin, Bouddha médite 28 jours sous un figuier avant d’atteindre le Nivrâna. Fécondité toujours, autrefois les peuples nordiques ne célébreraient les mariages qu’aux pleines Lunes.

Mais, la Lune n’a pas toujours que le bon rôle. Dans les civilisations d’Amérique du sud, chez les Mayas et les Aztèques ; elle est parfois affectée de signes maléfiques. Par son coté changeant, ayant des apparences trompeuses, chez certains peuples elle porte les symboles de la fausseté et de la paresse.

Nous retrouvons ce coté négatif dans la 18éme arcane majeur du tarot Le monothéisme. (judaïque, chrétien et musulman), ayant comme base de refuser toutes spéculations sur un dieu solaire et ses dérivées, les religions dites du livre parle de lumière et très peu d’astre, néanmoins : Dans la tradition juive la Lune symbolise le peuple des Hébreux. La Genèse désigne la Lune lors de la création par le nom : de petit luminaire. Sa création, ainsi que celle du Soleil, est postérieure à celle de la Lumière.

Les chrétiens comparent la Lune à Jean le Baptiste dont il est dit « qu’il n’est pas la Lumière mais le témoignage… » Pour les Musulmans, la Lune est un des signes de la puissance d’Allah. Tout comme Jean le Baptiste qui est aussi l’un des prophètes chez les musulmans « le dernier des prophètes Mohamed reflète dieu comme la Lune reflète le soleil… » C’est par l’une des apparitions de la nouvelle Lune que début le mois du Ramadan. Mais plus encore, pour eux, les phases de la Lune et le croissant (symbole de l’islam) évoquent la mort et la résurrection En astrologie, là encore, la Lune symbolise le principe passif, la fécondité, la nuit, le subconscient, le psychisme, la réceptivité, la féminité.

Elle fait le tour du zodiaque en 28 jours. Le zodiaque lunaire, qui serait plus ancien que le solaire, possède 28 demeures contre 12 pour le solaire.

La Lune est aussi le symbole des rythmes biologiques, celui du temps qui passe. Les connaissances empiriques des hommes sur l’agriculture ont toujours accordé une importance à la Lune. Le découpage du mois lunaire en 4 semaines existait dans le calendrier judaïque.

Et si les Romains utilisaient des décades pour découper leurs mois, c’est avec la Lune que les gaulois réglaient leur calendrier. Les celtes, utilisaient une calendrier luni-solaire mais qui était à l’origine lunaire. Les différents changements de calendriers viennent de la difficulté de concilier la périodicité de la Lune à la périodicité du soleil.

Enfin, les variations de teintes et de luminosités à la surface de la Lune forment des motifs que les hommes ont interprétés différemment suivant leur culture et leur imaginaire : lapin, buffle, ou visage d’homme. Les astronomes antiques pensaient que les zones sombres et régulières étaient remplies d’eau. Ils les ont appelées « mer », tandis que les hauts plateaux, de couleur claire, ont été baptisés « terre ». Ces dénominations ont encore cours aujourd’hui, même si l’on sait qu’elles ne se rattachent à aucune réalité. Voila pour ce pêle-mêle qui n’est pas exhaustif

Dans la symbolique maçonnique de Jules Bouchez, la Lune est aussi au rendez-vous chez les franc-maçons, du coté des colonnes du nord, alors que le soleil est vers les colonnes du midi. L’auteur conclue sur ce symbole « cette figure est assez parlante par elle-même sans qu’il soit besoin d’insister d’avantage »;

Si pour un franc Maçon cela semble être évident…Pour moi c’était toujours l’incompréhension, et si je n’avais pas visionné au printemps dernier un documentaire sur la naissance de la Lune, il n’y aurait pas eu cet article et cette découverte à partager. Les propos développés, dans ce film, était tellement extraordinaire que je pris d’abord le temps de les vérifier dans des ouvrages scientifiques récents. La thèse, mise en image, est la théorie avancée par Hartmann et Davis en 1974. Elle peut apparaître comme la plus incroyable histoire de la naissance de la Lune. Pourtant cette hypothèse, aujourd’hui, fait le consensus auprès de la communauté scientifique. Elle m’apparue si belle que je vais vous la conter :

Il était une fois, il y a un peu plus de quatre milliards d’années, le jeune système solaire était différant de celui d’aujourd’hui. Il était encombré de météorites, et traversé par de nombreuses comètes. Dans ce système, à cette époque, il y avait un astre, gros comme mars, appelé parfois par certains astronomes : Thei-a. Cette planète avait cette étrange particularité d’avoir son orbite qui croisait celle de la terre. Sa vitesse de révolution étant différente, il y eu une époque, un siècle, une année, un mois , un jour, une heure, une minute, une seconde, où la collision inévitable eu lieu. Ce fut pour la jeune Terre son plus grand choc. Les parties les plus lourdes de Thei-a fusionnèrent avec le cœur de Déméter notre Terre. D’innombrables pierres plus légères, se mirent en gravitation autour.

Durant un temps très long pour les hommes, très court pour les minéraux, cette myriade de pierres s’agglomère entre elles pour formé une boule. Et voilà, réunie ce qui était éparse en une sphère, un astre : la Lune. Suite à cette collision, rien ne sera plus comme avant. Fini, la Terre… bien droite autour de son axe qui tournait tranquille et véloce, à plus de six heures par rotation sur elle-même, par jour dira-t-on plus tard, quand les hommes auront mis des mots sur chaque instant du temps qui passe. Suite au choc, l’axe de la terre bascule de 23° et notre planète se retrouve telle une toupie oscillante, de 2°5 autour de son axe à la recherche de son équilibre. J’ai parlé de « boule » pour décrire la Lune, je devrais dire « boulet ».

Boulet pour la terre, proche, très proche, plus proche qu’aujourd’hui. Depuis le choc, même si la Lune s’éloigne constamment de la Terre (3,7 cm par ans) sa grande proximité initiale va freiner tous les mouvements de la terre. Les vents vont être ralentis ; terminé les plus de 400 km/h. De 6 heures de rotation jour la Terre passe à 23 heures 56 minutes et 4,1 secondes par une rotation journalière. La Lune ralentit la rotation de la Terre sur elle-même de 2 millisecondes par siècle. Nous pensons qu’il y a 900 millions d’années il fallait 481 jours de 18 heures pour réaliser un an. Aujourd’hui, encore, sans ce rôle pondérateur, de la Lune, comme un balancier d’équilibre, la vie sur Terre ne serait pas possible.

Mais ce n’est pas tout, car sans la suite de cette incroyable histoire nous ne serions pas là ce soir. L’espace du système solaire était traversé par de nombreuses comètes charge de glace. Durant plus de 600 millions d’années qui ont suivie la naissant de la Lune, ces comètes rentrant en collision avec la terre. Elles vont apporter la grande quantité d’eau qui fera de la Terre : la planète bleue En voilà une formule devenu possible : Eau + Terre + Lune = marées. Dans ce temps lointain, rappelez-vous, la Lune était plus proche de la terre. Elle impose à cette dernière de gigantesques marées, ayant plus 6 mille mètres d’amplitude. Avec ces marées, les phénomènes météorologiques sont sans commune mesure avec les pires tempêtes de notre ère. Ainsi voici la Lune brassant, malaxant, pétrissant, la Terre. Mettant en mouvement des énergies, des orages et des pluies d’un autre temps. De cette « extraordinaire » va naître la soupe primitive, première étape d’une longue évolution qui donnera beaucoup plus tard, au bout du bout de ce temps naissant : L’homme, enfant de poussières d’étoiles, de la Lune et du soleil, sortie du ventre de la terre…

De ce visionnage, j’entrevoie plus clairement la relation qu’il y a entre : symbolisme et réalité.

Enfant de la fin du 20éme siècle, l’école de la république m’a appris à comprendre le monde à travers un schéma de réflexion basé sur la connaissance des sciences.

Fini l’obscurantisme, fini les superstitions, fini l’acceptation de dogmes. Sans une démonstration scientifique point d’adhésion. Voila donc la raison de mon rejet du symbolisme à propos de la Lune. Ne connaissant pas son histoire, il m’était difficile de comprendre et d’accepter les symboles qu’elle porte. Comprendre le réel, facilite l’approche à la symbolique.Connaitre le réel pour en découvrir le symbolique.

Pour établir un parallèle entre la réalité et le symbolisme lunaire, il m’a fallut connaître l’histoire de la naissant de la Lune. Pour établir cette théorie, il a fallu de longues observations, de recherches astronomiques, de multiples expéditions et des explorations lunaires, ainsi que l’étude et l’analyse des pierres rapportées de ces voyages. Or la symbolique et les cultes de la Lune ont débuté à une époque antérieure à Stonehenge site marquant selon Lionel Sims, archéologue britannique, la transition entre un culte lunaire et un culte solaire. Epoque ou l’homme était incapable d’imaginer la technologie nécessaire pour « Etre dans la Lune ».

 

« Etre dans la Lune », voila bien l’expression qui m’a suivi durant toute ma primaire. Mes premiers désaccords avec les métaphores concernant la Lune. Je n’étais pas dans la Lune mais dans mes rêves à m’imaginer un sens au mystérieux et à ses mystères.

 

 

© Michel Damien – 2008

 

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