Hypothèse II – Dieu n’existe pas

Planche n°18.2 

Le vide unique, infini, grand et puissant : 

Si Dieu n’existe pas, alors il n’y a que le vide. Nous ne serions qu’un agglomérat provisoire d’atomes qui nous fait homme, le temps bref d’une vie.

Atomes eux-mêmes constitués d’un peu de protons, un peu de neutrons, un peu d’électrons et énormément de vide. Du vide avant, du vide pendant, du vide après. 

Pas de vie après la mort   

Si Dieu n’existe pas, alors pas de vie après la mort. L’âme et le corps disparaissent en même temps. Implicitement cela nous donne la réponse à la question premium : le monisme. L’âme et le corps ne font qu’un. Elle ne survit pas à la mort du corps. 

Ainsi si Dieu n’existe pas, seuls, les philosophes monistes seraient à écouter.

Mais les autres seraient-il pour autant dans l’erreur ? 

La peur de notre fin devient normale. Celles de nos êtres aimés terribles. L’attachement ne peut être que source de souffrance. L’égoïsme devient alors une des solutions pour limiter notre désarroi devant la réalité de notre finitude, la mort.

Si Dieu n’existe pas, la société doit alors être conçue pour oublier, effacer le final d’une vie. Cela pour que nous puissions arriver à limiter cette terrible angoisse de notre mort mais aussi celles de ceux qui nous sont chers.

La société de consommation est à la fois la bonne réponse pour un monde capitaliste cherchant toujours plus de profit pour enrichir les quelques uns au détriment de tous les autres, mais aussi pour un monde sans Dieu. Ce mode de société permet de monter un rideau d’absurdités, nous cachant la réalité de nos vies courtes. Cette course sans fin vers la nouveauté qu’il  nous faut acquérir, mobilise notre esprit, nous faisant oublier que tout est provisoire à commencer par notre vie.

A la recherche de nos origines 

Si Dieu n’existe pas, alors l’homme recherche ses origines par la science. La création n’est pas révélée par des prophètes mais par des savants. Leurs hypothèses sont étudiées, publiées, commentées, travaillées, amendées, complétées chaque jour, un peu davantage. Nous essayons de remonter le temps toujours un peu plus loin. Le big-bang, oui mais avant ? Avant le big-bang, il y a bien sûr le « avant ». Mais avant l’avant qu’y avait- t-il ? 

Chacune des réponses, est la source de nouvelles questions sans réponses. 

L’homme (et la femme) à leur image 

Si Dieu n’existe pas, alors l’homme est à l’image de ses ascendants modifiés lentement de générations en générations pour s’adapter de mieux en mieux à son milieu. La théorie de Darwin et toutes les recherches publiées à ce jour sur ce sujet, sont comme un début de réponse.

L’homme face à lui même : Libre ou esclave ?  

Si Dieu n’existe pas, alors l’homme ne peut être que  libre, mais à quel prix ? 

Pour écrire ce texte combien a-t-il fallu de générations torturées brulées assassinées pour avoir émis des hypothèses beaucoup moins osées ? 

Combien sommes-nous libres, de faire, de dire, d’écrire, à cette heure sur l’ensemble de l’humanité ?  Pourquoi la liberté de certains doit-elle encore passer par l’asservissement des autres ?   

Une spiritualité impossible ?

Si Dieu n’existe pas, alors l’homme ne doit que survivre dans son quotidien. Heureux ceux qui n’ont pas à réaliser cette quête quotidienne d’eau et de nourriture, pas toujours assurée. Ces heureuses personnes, que nous sommes,  ont le temps de laisser la place à la recherche de plaisirs. 

Le monde sans dieu ne serait-il qu’un monde matériel ? 

La gestion de la souffrance 

Si Dieu n’existe pas, physique ou morale, la souffrance n’est pas de même nature. 

Souffrance physique : Epicure était un homme souffrant, il avait la maladie de la pierre, probablement des calculs rénaux. A cette époque, avec pas ou si peu d’antidouleur, la souffrance est difficile à supporter. Toute la pensée d’Epicure est celle d’un homme qui vit la souffrance. La gestion de la souffrance est la fondation de sa philosophie. Il nous dit que la douleur est supportable, il savait ce que souffrir était. Aujourd’hui nous avons la science et les incroyables progrès de la médecine, depuis 50 ans, pour expliquer et soulager la douleur dans des prescriptions et dans des gestes techniques. Un individu souffrant comme a souffert Epicure, est admis aux urgences, reçoit un traitement antidouleur, le temps de supporter l’attente pour passer dans une baignoire à ultra-sons réduisant en poussières ses calculs qui l’élimine le plus naturellement du monde. Ainsi cette maladie de la pierre est l’affaire de quelques jours de soins et la vie redevient normale. Nous sommes loin d’une vie de souffrance donnant chez Epicure toute une philosophie. Cela est vrai pour de nombreuses maladies mais il reste les maladies orphelines, celle que nous ne savons pas encore guérir, les incurables. Pour eux, la médecine les soulage avec les moyens que les connaissances du jour peuvent leur offrir. Pour ces malades un monde sans Dieu les laisse souvent terriblement seuls face à leur souffrance. Il y a un nouvel espace pour la philosophie, plus opérative que spéculative.

Souffrance morale : Si Dieu n’existe pas, reste pour les plus aisés le recours aux psychologues de toutes écoles. Pour tous, à chacun de trouver dans les philosophies nombreuses et diverses sa voie de « guérison ». C’est une des raisons majeures de cette quête en philosophie. 

L’organisation de la société 

Si Dieu n’existe pas, alors c’est à l’homme d’établir ses lois. Né dans la nature, il commencera par suivre celles qui s’imposent à lui pour sa survie. Puis dépassant cette survie par son génie (au sens ingénieur) créatif, il devra poser, voir imposer, des lois supplémentaires pour s’élever au dessus de la loi de la jungle. Cela afin que nous puissions garantir la protection des plus faibles, sous entendu, de ceux que nous aimons.

Entre la loi de la jungle et une anarchie fraternelle idéaliste, nous dirons utopique, dans le respect absolu des uns et des autres s’établit le point d’équilibre fragile. Il nous faut sans cesse le rechercher et le retrouver, au gré des hommes et du temps qui le déstabilise. 

Depuis la déclaration universelle des droits de l’homme, l’humanité a un canevas des plus complets  pour établir toutes les lois nécessaires à la (sur)vie de chacun, y compris du plus petit, du plus faible d’entre nous.  

Qu’en faisons-nous ? 

Les limites d’une telle proposition 

Si Dieu n’existe pas  alors ce sont toujours les hommes qui posent le plus de problèmes pour valider cette hypothèse…

Merci de suivre le cours de mes idées et passons à la planche suivante  Dieu n’existe pas en existant.  

Autres propositions :

Hypothèse IV : Dieux n’existe pas tout en existant. 

Hypothèse I : Dieu existe.

 

© Michel Damien  

Sommaire d’un échafaudage en philosophie  Phil’Op            

Echafaudage de planches en philosophie   

Planche n° 18.2 –  Dieu n’existe pas. 

Première esquisse le 14 juin  2009

Dernière retouche le 31 décembre 2012

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