Planche n° 15
Après La Liberté, L’égalité, quoi de plus logique, de plancher sur la Fraternité. Tout comme pour l’Egalite et la Liberté, je ferai une proposition en philosophie opérative pour la Fraternité, car ces trois éléments sont liés et capitaux dans cette recherche initiale de la diminution des souffrances. La philosophie est l’art de définir le nécessaire à la vie d’un individu mais aussi d’un groupe d’individus, au plus large d’une société comme peut l’être un pays.
« Egalite et la Liberté Fraternité » nous renvoie invariablement à la devise de la France…
Alors commençons alors par un peu d’histoire.
Dans notre imaginaire, cette devise nous vient de la révolution française de 1789.
Et bien non… Seul Liberté et Egalité apparaissent ensemble.
La notion de fraternité est développé dans la Déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l’an III (1795) : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir », mais le mot fraternité n’est pas utilisé.
Le mot de fraternité apparaît timidement dans les discours, seulement, à partir de 1790.
Et sur les murs de Paris, il est vu pour la première fois le 21 juin 1793.
Jean-Nicolas Pache, maire de la commune de Paris, l’a fait peindre en cette formule : « Liberté, Égalité, Fraternité, ou la mort ».
Il faudra attendre la révolution de 1830 pour voir la triade doucement prendre sa place comme devise nationale. Avec la révolution de 1848, l’IIe République l’adopte comme devise officielle, sous l’influence de Louis Blanc.
C’est très exactement le 27 février 1848 que « La fraternité » est accolée officiellement à la liberté et à l’égalité.
Certains historiens développent l’idée que c’est sous l’influence des députés catholiques, que le mot fraternité fut ajouté.
D’autres historiens préfèrent la version maçonne. Louis Blanc franc-maçon, aurait proposé cette devise en usage dans la franc-maçonnerie.
S’il est indéniable que de nombreux franc-maçons ont pris part à la rédaction des textes fondamentaux de cette nouvelle république, et s’il est indéniable qu’aujourd’hui le Grand Orient De France a pour devise « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il nous faut nous rappeler des dates :
Si le Grand Orient de France fut fondé en 1736, il intégrera cette devise dans l’article premier de sa constitution, seulement le 10 août 1849 soit plus d’un an après que la II république l’ai voté.
D’autres encore, trouvent l’origine de cette devise dans l’esprit des lumières. Avec Voltaire qui en 1755, dans une ode à la gloire du gouvernement helvétique, associe les trois termes : « La liberté ! J’ai vu cette déesse altière avec égalité répandant tous ses biens … Les États sont égaux et les hommes sont frères. » . Ou bien avec Rousseau qui propose les composantes de cette triade comme une des bases du contrat social. Le Contrat social, que Rousseau publie en 1762 « …Si l’on cherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l’égalité… Tous étant nés égaux et libres n’aliènent leur liberté que pour leur utilité…Qui veut conserver sa vie aux dépens des autres doit la donner aussi pour eux quand il le faut…»
Aujourd’hui encore le débat sur l’origine de cette triade reste entier. Mais avouez quel drôle de mot que celui de fraternité, pourquoi pas amitié ?
Les chrétiens s’appellent Frère, les franc-maçons aussi. Que différance entre fraternité et amitié ? Le devoir pour le premier et « rien à attendre » pour le second.
Pour l’amitié, Michel de Montaigne dans ses Essais écrivait ceci :
«…En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant: «Parce que c’était lui, parce que c’était moi.»
(Livre I, XXVIII, « De l’amitié »)
La première fraternité de la bible et/ou dans le Coran (Caïn se prénomme alors Qâbil et Abel Hâbîl) c’est mal passée
Caïn fils ainé d’Eve de d’Adam a tué l’un de ses frères Abel par jalousie (Jalousie, l’un de nos trois mauvais compagnons). Les deux textes bibliques et coraniques présentent Caïn comme le premier meurtrier et fratricide, cela démarre mal pour la Fraternité.
A regarder, ici et maintenant, des jeunes frères et sœurs se chicaner sans cesse, tel chiens et chats. Puis adultes chez les notaires s’entredéchirer pour une part d’héritage, est-ce que le mot fraternité est bien choisie pour les valeurs qui doit porter ?
A l’heure de la société de consommation le mot fraternité gravé sur les frontons des mairies ne semble plus à sa place. Il y a quelques temps un débat courrait dans la société française à savoir s’il ne fallait pas le changer par solidarité. Un « Liberté, Equité, Solidarité » plané dans l’air. Curieusement c’est par la réflexion en philosophie opérative que nous allons lui donner un sens.
Permettez-moi de rappeler les propositions faites pour les deux autres éléments de la triade :
La Liberté : l’espace entre le vouloir et le pouvoir. Elle est possible seulement après avoir réalisé les sept nécessités vitales à sa survie.
L’égalité: n’existe plus au-delà des sept nécessités vitales à sa survie. Ce serait dans son travail pour sa survie que les hommes seraient égaux.
Liberté Egalite ne seraient pas miscible entre elles. La fraternité devient le catalyseur pour permettent avec l’aide d’hommes libres, à ceux en phase survie atteindre le huitième barreau de l’échelle de vie celui là même où commence la liberté. Aider à réaliser Les sept vitalités .
Des exemples … L’aide humanitaire est parfaitement dans ce cadre. Des hommes libres aidant d’autres hommes pour résoudre des problèmes de survie. (Eau, nourriture, un abri …).
La mise en œuvre de cette fraternité rendre plus efface la survie de tous par l’entraide de chacun. Il est plus facile de dépasser le stade de la survie avec une solidarité fraternelle. Ce que l’on doit à son frère (obligation morale ou vitale ?).
Une facilité pour chaque individu mais une nécessité pour un groupe, une société, une civilisation. De plus elle est gratifiante car celui qui aide devient utile… Se sentir utile aussi capital de respirer, boire, ou manger. La fraternité se trouve à la charnière entre vivre et survivre. Comme un lien, un nœud, un lacs d’amour entre les deux, à bâtir sans cesse par ceux qui sont libres vers ceux qui ne sont qu’égaux dans cet unique objectif : survivre.
Ainsi l’homme libre le fait pour l’autre mais aussi pour lui-même. Comme les trois cotés d’un triangle, Liberté, Egalité, Fraternité sont indissociable. Comme un triangle, tel la ferme d’une charpente, ils renforcent toute la construction de la société. Sans ces trois éléments, solidaire à jamais entre eux, solidement liés, la vie d’un groupe n’est pas tenable. D’extrêmes souffrances apparaissent pour les uns, mais aussi, tôt aux tard pour les autres. JJ Rousseau dans son Contrat social nous enseigne ceci «L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit maître des autres, qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux.»
Le plus difficile est de faire comprendre à ceux qui sont du bon coté qu’il est indispensable d’assurer cette fraternité car s’il n’a plus de compassion dans ce temps d’égoïsme, qui peut dire de quel coté il sera demain. Comme dans un immense engrenage, celui du mouvement pendulaire de l’horloge du temps, un instant nous sommes la dent qui pousse, l’autre d’après nous devenons la dent poussé. Solidaire… non ! Soyons utopique comme le fut nos ainés : Fraternel.
Et relire l’Article premier de Déclaration universelle des droits de l’homme,
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité». Depuis le 10 décembre 1948, dans ce premier article, pour les 6,7 milliard d’individus sur cette planète aujourd’hui, tout y est…
JMarc Damien
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Sommaire d’un échafaudage en philosophie Phil’Op
© Jean Marc Damien
Echafaudage de planches en philosophie
Planche n° 15 – Fraternité
Première esquisse le 12 avril 2009
Dernière retouche le 21 novembre 2009






Nous connaissons tous ces frères qui se défilent pour ne pas raccompagner un autre frère, une autre soeur habitant en banlieue parisienne et qui, ayant pu venir par les moyens de locomotion que sont le train, le rer et le métro ne dispose plus de moyen de transport pour rentrer chez lui après les agapes.