La sexualité pourquoi faire ?

Planche n°20 

 A vouloir parler de philosophie opérative, nous ne pouvons pas faire l’économie d’un sujet majeur: lasexualité. Adolescent dans les années 70 j’ai vécu la période de la libéralisation de la sexualité.

Comme à chaque fois où l’homme résout une difficulté, chaque nouvelle solution amène son lot de nouveaux problèmes. A libérer la sexualité, nous avons réduit nos tabous mais augmenter nos frustrations, en faisant  croire, par exemple, que sans sexualité bien remplie l’être humain ne trouverait pas son équilibre. Il aurait été plus raisonnable de dire UN équilibre, car d’autres voies sont possibles pour trouver SON équilibre. Nous sommes passés d’un message martelé par l’église d’une sexualité plus que retenue, à celui des sexologues d’une sexualité plus que libérée.

Le temps est venu troubler cette liberté, les années sida ont suivi, cette liberté débridée devait vite être revue. A l’image des usines de préservatifs fermées à la fin des années 70 (merci la pilule) qui ont  redémarrées. Les idées oubliées par les jeunes de ce temps là, ressortent à nouveau dans les débats (aussi dans les leurs ébats). L’équilibre du bonheur n’est donc pas aussi simple à trouver, la sexualité n’est pas un outil universel.

A l’origine du monde  la réponse est simple : pour se reproduire. 

Si procréer n’est pas vital pour l’individu, il l’est pour l’humanité. Ne pas pouvoir faire d’enfant n’est pas mortel, je ne le considère donc pas comme une fonction vitale pour l’homme (individu). Afin de garantir que les êtres vivants se reproduisent, la nature, le créateur, Dieu, le grand Architecte de l’univers, comme l’aurai écrit Cicéron ou Jean Calvin, les a forcés à avoir des rapports sexuels. La ruse est un déséquilibre hormonal ne pouvant retrouver son équilibre que dans le plaisir libérateur d’un rapport bien accompli. Pour s’en assurer, un petit cadeau : la jouissance plutôt que la souffrance.

L’être humain, le plus roublard des êtres vivants, a vite compris que si avoir des rapports sexuels étaient source de plaisirs, avoir beaucoup d’enfants est sources de bien plus de tracas. D’où l’idée de dissocier par de multiples pratiques l’acte de procréation de l’acte de jouissance. Ce concept est fondamental chez les hédonistes, voir chez les libertins qui ne sont pas libertins que dans la sexualité.

A entendre certains, la sexualité serait bestiale, et bien ils se trompent.

La sexualité est d’ordre végétal, nous faisons l’amour comme les fleurs.

Et pour être plus précis, nous ne devrions pas dire « Papa a mis la petite graine dans Maman » mais « Papa a déposé son pollen dans Maman ». La grande différence avec les fleurs est que le mâle doit assurer à la fois la production de « pollens », mais aussi le transport de ce dernier, de son ” étamine”  jusqu’au « pistil » de sa fleur préférée. Et voilà, le fruit (pas défendu) va donner des graines (des embryons) qui comportent toute la vie d’un être vivant à naitre. Ainsi l’enfant de l’homme germe dans le ventre de sa mère comme une graine en terre et sort d’entre ses cuisses comme un arbre sortant de terre. Dans cette belle histoire de la vie, le mâle est à la fois fleur et bourdon (ou abeille, papillon, diptères, coléoptères, vent, eaux…etc. Comme il vous plaira). Souvent en symbolisme la mère et la terre sont de même nature : fécondes. 

Les jeux de séduction des femmes n’ont rien de nouveau vis-à-vis de ceux utilisés par les fleurs femelles pour récupérer le pollen de leur semblable de la même espèce. Une fleur n’est que sexualité, même et surtout si elle est belle. Sa couleur, son parfum, sa forme ne sont là que pour attirer le polinisateur. Elle doit plaire à son « bourdon ». Si chacune des variétés des êtres vivants sexués ont un « rituel » d’accouplement, qui peut aller du plus simple, pollens déposés par le vent au plus complexe, voir les parades nuptiales de certains oiseaux. Seul l’homme peut librement déroger à tout rituel et choisir son propre jeu.

Un lapin ne saura faire l’amour que comme un lapin, les crapauds comme des crapauds, les cochons comme des cochons, les bergeronnettes comme des bergeronnettes, l’Homme avec un grand H, lui peut faire l’amour comme un lapin, un crapaud, un cochon, une bergeronnette, voir comme un homme (mais c’est rare). C’est l’une des ses grandes libertés d’aller choisir dans la nature le « rituel » qui lui convient. Ne croyez pas que nous en inventons, la nature les contient tous, à commencer par le monde végétal. 

Je l’ai déjà écrit la Liberté absolue n’existe pas. Seule la liberté relative est possible. Pour chacun, aux questions posées par sa sexualité, les réponses possibles seront directement liées aux rapports qu’il a avec les autres. La sexualité est le domaine idéal pour appliquer les notions de respect des autres et de tolérance mutuelle. Pour avoir des enfants, l’être humain c’est affranchi de l’unique rituel figés dans ses gènes. Nous ne sommes plus limités à notre inné pour copuler et nous ne le faisons pas uniquement pour réaliser notre descendance. Seul et seulement, par sa culture et son éducation, il devra poser les limites de l’acceptable dans ses rapports sexuels. Chaque individu étant différent de tous les autres, il est logique de trouver une multitude de réponses.  Mais c’est bien les règles du respect et de la tolérance mutuelle qui vont aider les individus à se borner dans ce domaine. Nous ne sommes pas dans la logique : «  ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » mais : « par respect (l’idéal étant” par amour pour toi”) je fais ce que tu voudrais que je te fasse, et je le veux aussi » Partant de ce principe, il est clair que les jeux sexuels ne sont possibles que s’ils sont d’abord compris et acceptés par les différents joueurs. 

Nous sommes toujours à la recherche de la non-souffrance à travers une réflexion philosophique. Au delà de la reproduction, la sexualité nous permet de jouir, mais elle ne nous apporte pas que cela. Elle nous redonne un équilibre hormonal différent, l’un de ceux qui nous amène à cette sérénité particulière, de l’après l’amour.

Ce plaisir libère une quantité d’hormones qui soulagent nos douleurs, particulièrement celles chroniques. Etonnamment, l’activité sexuelle peut être très efficace pour les douleurs qui n’ont pas pour origine des lésions traumatiques. Elle permet le détournement du ressenti douloureux sur celui du plaisir. Faisant appel à nos cinq sens, elle nous fait faire une réorientation cognitive. Mal menée, l’activité sexuelle peut apporter plus de douleurs. En cela elle n’est donc pas universelle. Elle nécessite un art du plaisir (sexuel). Depuis que l’homme écrit, de nombreux ouvrages ont été faits sur ce sujet, pour en parler, initier, transmettre. Enfin dans ses points plus que positifs, c’est l’occasion de résoudre la septième vitalité, trouver son utilité. Par le plaisir que l’on donne à l’autre et réciproquement.

Il est évident que nous pouvons avoir des jeux sexuels sans aimer nos partenaires comme nous pouvons aimer l’autre sans avoir de jeux sexuels. Le premier d’entre eux, promu par Diogène, est le plaisir solitaire. L’amour et ses différentes formes seront l’objet d’une planche placée un peu plus haut sur cet échafaudage.

Dans un couples amoureux, avoir des rapports sexuels avec celui ou celle que nous aimons est une addition qui multiplie les effets positifs sur ces deux personnes. Les « matheux » apprécieront cette équation à résoudre. Ces jeux de l’amour préparent aussi le terrain pour accueillir au mieux de nouveaux êtres…leurs enfants.

Ah ! Dame Nature que fais-tu bien les choses ! Quand cela est fait dans la perfection c’est toujours un cercle qui se referme.  Faut-il que les protagonistes les mieux « appariables » comme l’exprimerait Cupidon parlant à Vénus,  soient au rendez-vous. ? Est-ce une affaire du hasard ? C’est une autre histoire, une autre planche…

Mais restons les pieds sur cette échafaudage , que diriez-vous si par hasard  nous monttion sur la suivante ?

 

 © Michel Damien   

Planche précédente : Le doute. 

Sommaire d’un échafaudage en philosophie  Phil’Op         

Echafaudage de planches en philosophie   

Planche n°20 –  la sexualité pourquoi faire ?

Première esquisse le 14 juin  2009      

Dernière retouche le 26 juin 2012

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