Hypothèse IV : Dieux existe sans exister.

Planche 18.4 

Cela commencerait-il par la première hypothèse pour continuer par la seconde ?  Cette hypothèse m’est venue dans une suite logique à la troisième hypothèse, comme un effet miroir, comme une symétrisation des contraires. Dès le début, je l’ai inscrite dans le plan de ma réflexion sur la question « dieu existe-t-il ? » sans savoir ce que j’allais trouver.

Si Dieu existe sans exister. Est si nous nous sommes tous trompés sans aucune exception ? A la question dieu existe-t-il ?, nous détenons tous quelques gouttes de vérités que nous noyons sans cesse dans notre océan d’ignorance. 

Et si Dieu était ailleurs ?

Aujourd’hui, le dieu des monothéistes est souvent « représenté » comme une immense lumière. Bien avant, que ce modèle soit révélé aux hommes, le soleil, lumière des lumières, à travers les âges a été adoré comme le plus grand dieu. 

Depuis l’aube de l’humanité le soleil fut vénéré, Carnac, Stonehenge en sont les témoins. Dans la civilisation babylonienne le dieu soleil se prénommait Shamash, chez les indous Surya, chez les Aztèques  Huitzilopochtli.

Avec la civilisation  égyptienne, dans les textes les plus anciens il sera le dieu Ré ; sous le nouvel empire, Aménophis IV en fera le dieu unique. Le dieu soleil sera Aton, et « pharaon » changera son nom pour celui Akhenaton (celui qui est agréable à Aton) c’est le début possible et pourquoi pas l’origine du monothéisme.

Chez les romains le culte du Sol Invictus – culte du Soleil invaincu, nous donnera, depuis l’an 274 après JC, par la volonté de l’empereur romain  Aurélien, la date du 25 décembre comme étant celle d’un grand jour de fête (dies natalis solis invicti). Les chrétiens la transformeront, afin de mieux annuler ce culte romain, en Noël,  jour de la nativité du Christ.

Ailleurs ?

Si le jour, à la lumière du soleil, nous voyons bien; c’est la nuit que nous voyons le plus loin, dans son obscurité. Par temps clair, nous pouvons voir des étoiles très lointaines. Cette amusante évidence physique peut être lue ou vue comme une métaphore philosophique.

Et si c’est ailleurs ?

Cette observation m’a permis de mieux comprendre le sens des contraires; à l’image du pavé mosaïque que l’on retrouve au milieu des temples maçonniques, le monde n’est ni noir, ni blanc, ni gris, mais construit d’une multitude de pavés blancs et de pavés noirs se juxtaposant les uns à coté des autres. C’est dans la richesse de cette complémentarité des contraires que se trouve la vraie dynamique de notre évolution.

Dans leur coexistence, il faut savoir voir les contraires, non pas comme des opposés mais comme des complémentaires.

Ces contraires doivent autant nous unir que peuvent unir nos points communs, loin des querelles qui ne sont que des prétextes pour nous éviter l’immense travail que nous devons faire pour comprendre ces différences, les accepter, et en tirer toute la richesse de leurs cohabitations dans un respect mutuel. 

Au delà de ce qui est concevable 

Lorsque j’écoute des conférences faites par des astrophysiciens, sur leurs explications du plus loin que l’homme peut observer, je n’arrive pas à comprendre leurs théories. Arrivé au bout du bout de l’univers, je ne suis plus.

J’ai dépassé ce que je peux comprendre. Je n’ai pas le niveau d’abstraction suffisant pour suivre leurs raisonnements.

Et s’il en était de même pour pouvoir répondre à la question : Dieu existe-t-il ? 

Si Dieu existe sans exister, alors Dieu n’est qu’à l’image de Dieu, dans une dimension qui nous échappe. Il faut, pour le saisir dans la plénitude de son immensité, avoir un niveau de raisonnement que les hommes n’ont pas encore atteints (ou que très peu d’hommes ont atteint, sans pour autant nous apporter des voies nouvelles). Il faudra à l’humanité encore beaucoup de temps pour découvrir la vraie dimension de Dieu.

Ainsi il est possible de concevoir cette quatrième hypothèse où Dieu existe sans exister. Celui que l’homme moderne adore aujourd’hui serait aussi faux que ceux que les hommes ont adorés hier. Tout aussi fausse serait la certitude que dieu n’existe pas. 

Tout est définissable, tout est explicable, seulement pour cela il nous faudrait tout connaitre. Aujourd’hui, les Hommes, l’Humanité, ne connait pas TOUT, il est normal de ne pouvoir TOUT expliquer. S’il n’y a pas d’événements venant troubler l’ordre des choses, la fin du monde pourrait être le jour où nous pourrons TOUT expliquer même Dieu. Fin du monde vite écrit, plutôt fin d’un monde, celui de l’ignorance.

Les limites d’une telle proposition 

Si Dieu existe sans exister, c’est encore et toujours les hommes qui posent le plus de problèmes pour valider cette hypothèse. Ils ne peuvent pas comprendre ceux qu’ils ne peuvent pas concevoir.

Comment imaginer l’inimaginable ? 

De ces quatre hypothèses

Face à toutes les questions sans réponses sur nos origines, le pourquoi d’une vie, l’homme avide de savoirs, n’y trouve pas la fin de ses questionnements, mais aussi  la paix, la sérénité avec tous ses semblables. 

Le Dieu idéal reste toujours à trouver. 

Nietzche dans le gai savoir fait annoncer, par le personnage du dément, que Dieu était mort. Il n’a pas dit que Dieu n’existait pas, seulement qu’il était mort. Est-ce un hasard ou une volonté de Nietzche, ce choix du dément pour une telle annonce ?

Cette question depuis l’aube de l’humanité reste encore une histoire sans fin…

De ces quatre propositions toutes à mes yeux sont possibles, toutes sont pensables. Seules la foi et la croyance nous permettent d’opter pour l’une d’entre elles. A ce jour nous n’avons pas assez de connaissances mathématiques pour définir, par des équations, la Vérité. Est-ce un mal ? Je ne le crois pas. Reste à chacun de choisir la sienne. Son option sera toujours celle qui lui apportera la moindre-souffrance. Ce ne peut être qu’un choix personnel. La question de Dieu est une rencontre avec le plus intime de sois-même. Pour que cela soit complet, il faut accepter que les autres puissent penser différemment. Ne pas le faire c’est ouvrir des voies de discordes, d’intolérances, de violence, de plus de souffrance à vivre.

Ne pas juger

Dans  l’urgence du quotidien de ceux qui souffrent de n’avoir pas le minimum, devant tant d’indifférence de ceux qui ont les solutions, Dieu reste encore ce que l’humanité a de mieux à offrir. Il est aussi, pour certains, la plus belle excuse pour ne rien faire ; pour d’autres, le moteur pour entreprendre. Face a tant de misères et d‘incompréhensions, Dieu et ses serviteurs sont encore, et probablement pour longtemps, des grands recours pour la moindre-souffrance du plus grand nombre sur cette terre, je ne l’oublie pas et je remercie tout les Homme de bonne volonté de ne pas en douter.

Puisqu’il est question de doute passons à la planche suivante:Le doute

 

 © Michel Damien    

planches précedentes: 

Hypothèse I : Dieu existe. 

Hypothèse II – Dieu n’existe pas 

Hypothèse III : Dieu n’existe pas en existant.  

Sommaire d’un échafaudage en philosophie  Phil’Op            

Echafaudage de planches en philosophie   

Planche n° 18.4 – Hypothèse IV : Dieu existe sans exister 

Première esquisse le 23 mai  2009     

Dernière retouche le 1 décembre 2012

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