L’amitié s’évapore

L’amitié s’évapore, toi qui disais encore.

Ami pour la vie, ami ? Je dis oui

Ami, de moi, tu t’éloignes, à pas discrets,

Inévitablement, inconsciemment, secret.

La distance grandie, chaque jour, sourde sans bruit.

Le point de non-retour, celui où il n’a plus de « et puis »,

Sera franchi, à  son tour, sans détour,  ni mot,

Pas de fleur, sans discourt, ni cadeau, pas de pot.

J’aurai, à tes yeux, disparu, l’aurais tu cru ?

Jour après jour, nous deux, nous nous sommes tant plu.

Par un petit matin, plein d’un épais brouillard,

Grand, beau, mort sans mort, pas besoin de corbillard

Mais où sont nos mots tissés comme une toile ?

Lorsque le soleil aura dissipé ce voile.

Ephémère  notre amitié comme lui, aura été.

Le temps d’un été et une pluie d’automne,

Après toutes ses joies, pourquoi l’avoir jeté ?

Cela te peine, te gène, pourquoi cela t’étonne ?

Nul ne se rappellera qu’un jour ce fût-là.

Bien fini, parti, sans que l’on sonne le glas.

Chargé de tant d’amitiés, tant d’intimités.

Regards complices, discrets, tant de fraternité

Si fort que tu la voyais plus forte que ta mort.

Ce temps n’avait pas de prix, bien plus cher que l’or

Le voilà déjà, sans aucune priorité.

Le temps s’acharne, avec zèle, à tout effacer.

Sans avenir commun, début d’un souvenir.

Cherchant un projet, sans penser à revenir.

Commence la fin, par un début  silencieux.

Devons-nous nous perdre, comme des paresseux ?

Encore vivant mais jamais je ne te reverrai.

C’est la vie, c’est ainsi, sans que cela soit avéré

Mort invisible, insensible, toujours indolore.

Passe hélas, passe, sans teint, ni frein, toujours incolore.

Tous mes amis d’hier, perdus, encore me glacent,

Tant d’efforts,  toujours à recommencer, me lassent.

D’entendre encore me dire : « à toi pour la vie »

Pour finir sans toi, sans joie, sans vie,  pleine d’ennuie.

J’en ai plus envie, sans aucune volonté, je suis.

J’aimerai, oh toi, te garder bien après ma vie

Notre belle amitié, oui, j’en ai vraiment envie.

Il est toujours plus tard que nous ne le pensons.

La mort prend un des corps, alors nous regrettons,

Cette amitié qui malgré le temps et l’oublie

A la question : mon ami pour la vie ? dit  toujours oui.

 

Mots pour maux. Ecriture  du le 6 au 13 octobre 2015 dans le train du matin, chagrin

Il n’est jamais trop tard, ni trop tôt, mon bon ami.

Pour écrire, dire, crier, mon ami pour la vie.

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